LA DONA QUE JA NO ESTIMO (LA FEMME QUE JE N’AIME PLUS)

Texte et Musique: Miquel Pujadó

"Et c'est triste de n'être plus triste sans vous" (Georges Brassens)

La femme que je n’aime plus
désèrte mes souvenirs
et s’en tape que je veuille
mouiller dans d’autres ports.

Il y a peu de temps, penser à elle
c’était lutter contre le vent,
sentir mon coeur frire
avec de l’huile bouillant dans un poêle.

Je marchais sur des feuilles mortes
même en plein juillet
tandis que je frappais aux portes
du chagrin, vêtu de deuil.

Je montais sur les toits
parmi les félins
pour braire des ballades tristes
qui gênaient les voisins.

Toutes les nuits je me suicidais
pour ressusciter au matin
trempé d’alcool et de colère
et désirant mourir à nouveau.

Mais j’ai vu l’autre jour
que ce salaud hiperactif
qu’on appelle Temps m’avait
effacé la cicatrice.

La cicatrice, la médaille
que j’ai gagné lors d’un duel
où le sang tombé ne se fige pas
et la paix a comme un goût de fiel.

C’est triste, de n’être plus triste
à cause de l’absence de celle avec qui
j’ai partagé la haine, la tendresse,
des gorgées d’arsenic et de vin.

Je me’n fous déjà,
de l’insolence de son sein,
et la marque qu’elle y laissait
s’efface déjà de mon lit.

La femme que je n’aime plus
fond comme la glace:
je dors à nouveau, je ne maigris plus
et je ne crache plus au ciel.

Et je me perds, sans une plainte,
dans le brouillard, avec la lumière éteinte,
et je promène le vide qu’elle me laisse
comme celui qui sort pisser le chien.