LA MORT D’ARTÚS (LA MORT D’ARTHUR)

Je vis encore, malgré le vent qui m’aiguillonne
pendant les longues nuits d’angoisse et de danger.
C’est drôle: vous ne croyez ça possible
mais je suis toujours vivant.

Il y a si longtemps que j’agonise
que ça peut durer encore quelques éons.
Je bâtis des murs, avec des chants de joie
à la place de briques.

Malgré mon sang fétide et empoisonné
et mon corps meurtri et mes mots blessés en plein vol,
tout près du gîte et du sommeil des enfants
je trouve consolation.

À ceux qui voulez voir ma force écartelée
je vous dis que la girouette peut encore tourner.
Il est bien sot celui qui, avant de tuer la bête,
en vend déjà la peau.