ALS MORTS NO ELS PASSA MAI (CELA N’ARRIVE JAMAIS AUX MORTS)

Texte et Musique: Miquel Pujadó

Je me lève du pied gauche, / je marche sur la queue du chien. / La radio parle de guerre / et le café est dégueulasse. / La tuyauterie est glacée / et on a coupé l’électricité. / Je vais le lui dire à ma gonzesse, / et je me rappelle qu’il y a un mois qu’elle m’a laissé tomber. / Voici des choses qui n’arrivent jamais aux morts. / Sous la dalle, ils s’en foutent. / Pour ne savoir où donner de la tête / et recevoir toujours tous les coups, / en faisant de la vie / un sale mensonge, / il est indispensable d’être encore vivant! / Je salue, en descendant l’escalier, / la fille du premier étage. / Ma libido s’emballe / et, plus tard, à la Diagonale, / alors que je pense à ses seins / j’oublie mon frein / et, bien sûr, j’encule / une voiture de Police Municipale. / Voici des choses…  (variante: une fleur fanée) / Alors que je sors du commissariat, / un averse me tombe dessus. / Les taxis sont partis en Turquie / et le métro est bondé. / J’arrive mal à propos au travail / et quand le patron me voit / mon contrat s’enfonce / dans le marécage du chomâge jusqu’à perdre pied. / Voici des choses… (variante: une dent pourrie) / J’entre pour me soûler / dans un bar où je ne vois même pas mon nez / et j’en sors avec une prétendue Carmen / vers un hôtel de passe. / Mais quand je lui vois la bite / mes plans changent tout à coup. / Je fuis à toute vitesse, / je glisse et je tombe quatre paliers la tête la première. /  Voici des choses…  (variante: un désastre sur mesure) / Au petit matin, je reprends connaissance / dans un lit d’hôpital. / J’ai une jambe dans le plâtre / et une commotion. / “Demain sera un autre jour”, / me dit un infirmier qui passe. / Je murmure philosophiquement: / “S’il doit être comme aujourd’hui, plutôt crever!” / Voici des choses… (variante: une grande faillite